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Antilles : 20 nations s’entraînent ensemble en mer des Caraïbes

29 06 2017

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Du 28 mai au 17 juin 2017, les forces armées aux Antilles ont déployé plusieurs de leurs unités pour une deuxième participation à l’entraînement opérationnel Tradewinds [1]. Cet exercice annuel, organisé par les États-Unis et le Regional Security System (RSS), s’est déroulé au sein de deux nations-hôtes tournantes.

2017_MFDF_032_A_003_073Du 28 mai au 06 juin 2017, une séance d’instruction opérationnelle préalable a été organisée cette année par un détachement du groupe régional d’intervention NEDEX (neutralisation, enlèvement et destruction des explosifs) des forces armées aux Antilles (FAA), au profit des militaires et des policiers de Barbade et de Trinidad et Tobago, avant les deux phases pratiques de l’exercice Tradewinds. Le 06 juin 2017, à la Barbade, a été lancé officiellement le début de cet entraînement rassemblant plus de 2 500 participants de vingt nations différentes [2]. Les objectifs principaux de Tradewinds sont d’améliorer, au niveau régional, le partage de l’information et la coordination des manœuvres d’interdiction maritime, d’améliorer les partenariats régionaux et l’interopérabilité de nos forces et de développer les savoir-faire des nations partenaires dans deux grands domaines : l’assistance aux populations et la réponse aux catastrophes d’origine naturelle ou humaine, ainsi que la lutte contre la criminalité organisée transnationale dans le but de sécuriser, ensemble, la région Caraïbes.  L’amiral Kurt W. Tidd, commandant l’US Southern Command, a rappelé, lors de son discours d’ouverture, que les Etats-Unis accordent une grande importance aux relations qui se créent et se perpétuent durant Tradewinds. Il a ainsi précisé que : « Cet exercice permet de réaffirmer les partenariats qui nous unissent, notamment au travers d’exercices conjoints, impliquant les différents services interarmées et interalliés du monde ».  Du 6 au 12 juin 2017, la première phase de l’exercice s’est déroulée à la Barbade sur un scénario orienté principalement sur une intervention d’urgence suite à une catastrophe naturelle avec des opérations de secours et de maintien de la sécurité, avant de se poursuivre sur une deuxième phase du 13 au 17 juin 2017 à Trinidad et Tobago autour de l’interdiction maritime et des opérations de sécurité à terre. Lors de la phase 1, la France a déployé un détachement NEDEX ainsi que le bâtiment de transport léger Dumont d’Urville. En phase 2, la frégate de surveillance Ventôse a pris le relais à la mer du Dumont d’Urville. Ce sont ainsi plus de 150 militaires français qui ont eu l’opportunité de prendre part activement à Tradewinds 2017.

Les FAA garantissent la protection du territoire national et animent la coopération régionale depuis les départements de la Martinique et de la Guadeloupe. Elles constituent un dispositif interarmées de premier plan sur le théâtre Caraïbe, en coordination avec les forces armées en Guyane. Aux Antilles, les forces armées assurent des missions de souveraineté et de coopération régionale, et conduisent trois missions spécifiques : l’action de l’Etat en mer, sous l’autorité du délégué du Gouvernement pour l’action de l’Etat en mer afin de combattre efficacement le narcotrafic en mer et de coordonner la mise en œuvre des plans d’urgence en mer ; le secours aux populations en cas de catastrophes naturelles ou de situations humanitaires graves dans la zone ; la participation à une opération militaire dans un environnement national ou multinational comme à une évacuation de ressortissants.

[1] Organisé depuis 36 ans, Tradewinds est un entraînement opérationnel marquant par la multiplicité de pays participants. En effet, une vingtaine de pays de l’arc Caribéen et d’Amérique centrale ainsi que plusieurs organisations et agences gouvernementales sont engagés dans cet entraînement commun. En tout, ce sont plus de 2 500 militaires et une dizaine de bâtiments des marines positionnées dans la région Caraïbe qui participent à cette édition 2017 de Tradewinds.

[2] L’exercice a permis la participation des pays suivants : Antigua and Barbuda, les Bahamas, la Barbade, le Belize, la Dominique, la République Dominicaine, Grenade, le Guyana, Haïti, la Jamaïque, Saint Kitts and Nevis, les Pays-Bas, le Suriname, Saint Vincent les Grenadines, Trinidad and Tobago ainsi que les militaires des Etats-Unis, du Canada, de la France, du Mexique ou encore du Royaume-Uni.

FOCUS : dernière participation du Dumont d’Urville à un entraînement opérationnel multinational

Du 04 au 11 juin 2017, le Dumont d’Urville a intégré l’exercice Tradewinds dans sa phase barbadienne. Bâtiment de transport léger, sa mission principale était de participer aux opérations d’évacuation fictive de ressortissants.

2017_MFDF_032_A_008_067Pour ce faire, une première reconnaissance de site de plageage a été nécessaire la veille de l’évacuation, afin de s’assurer de la sécurité des opérations pour le lendemain. Le BATRAL dispose en effet d’une équipe de reconnaissance de plage (ERP) composée de quatre marins du bord : un chef de mission, deux équipiers et un pilote d’embarcation également surveillant de plongée. Après avoir suivi une formation en métropole, les quatre marins du Dumont sont en mesure de conduire des opérations de reconnaissance de plage. En quoi cela consiste-t-il ? La reconnaissance de plage consiste à faire des mesures des courants, des relevés de niveau et d’incidence de plage ou encore d’évaluation du revêtement de la plage (sable, gravillons…), puis de faire des prises de vues et afin de monter un dossier de plage. Celui-ci doit permettre de savoir quelle plage est accessible par le Dumont, en plageage ou au mouillage, avec quelles batelleries de débarquement (EDAR, CTM ou LCVP par exemple) et sous quelles conditions limites de vent ou d’état de mer, etc. La responsabilité de l’ERP va de la sécurisation de la plage au débarquement des véhicules jusqu’au point de réarticulation de l’armée de Terre qui constitue alors le point charnière de transfert d’autorité entre le CATF (commander of the amphibious task force) et le CLF (commander of the landing force). Experts reconnus, les marins de l’ERP du Dumont d’Urville ont également « ouvert la voie » au landing craft unit (LCU) américain – le Matamoros qui a profité de leur travail pour plager aux côtes du bâtiment français.

En plus du plageage, et afin d’être toujours prêt à intervenir, dans tout le spectre des missions des forces armées aux Antilles, l’équipage du Dumont d’Urville s’est également entraîné au tir sur cible mouvante. L’objectif : être en mesure d’assurer sa propre sécurité ou celle d’une zone d’opération. Grâce à une cible mouvante fournie par les Canadiens, les marins français ont pu effectuer les manœuvres de navigation et de tir, « un exercice qui se joue rarement ici » confie le capitaine de corvette Nicolas – commandant le Dumont d’Urville. Réalisé aux côtés des unités britanniques, néerlandaises, américaines et canadiennes, cet entraînement unique est rendu possible grâce à l’investissement consenti par les nations participantes à Tradewinds.

 


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