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Le BATRAL Dumont d’Urville appareille de Fort-de-France pour la dernière fois

20 06 2017

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Le lundi 19 juin 2017, le bâtiment de transport léger (BATRAL) Dumont d’Urville a appareillé de la base navale de Fort-de-France pour un dernier déploiement en direction de la métropole où il sera désarmé. Les Antilles ont salué à leur manière le départ du Dumont d’Urville : au déhanché des doudous et sous un ciel menaçant d’une onde tropicale en approche.

2017_MFDF_035_A_001_034Après 34 années de service, dernier des cinq BATRAL de type Champlain de la Marine nationale, le Dumont va parcourir ses derniers nautiques dans la Caraïbe du 19 juin à début juillet avec notamment deux escales de renforcement de la coopération franco-américaine à Miami puis New York, avant d’effectuer une dernière transatlantique en direction de Brest où il accostera fin juillet.

2017_MFDF_035_A_001_152Mis sur cale le 15 décembre 1980 aux Ateliers Français de l’Ouest de Grand-Quevilly (Saine-Maritime), le Dumont d’Urville a été admis au service actif le 04 février 1983. Affecté initialement à Papeete en Polynésie française du 13 juin 1983 au 09 novembre 2010, le BATRAL participe à de nombreuses missions de présence et de renfort en Nouvelle-Calédonie en raison de la situation intérieure de l’époque, mais également à des missions de soutien et de secours à la population locale comme lors de l’assistance aux Samoa occidentales frappées par les cyclones Ofa puis Peni (1990), aux Australes après le passage de la dépression tropicale William (1995), ou encore après les passages des cyclones Martin et Osea aux îles-sous-le-Vent (1997). D’autres missions plus atypiques ont marquées sa carrière. Parmi elles, la cérémonie d’immersion de la dépouille funèbre de Paul-Emile Victor au large de Bora-Bora (1995), le sauvetage de l’équipage du cargo Vae Anu en avarie sur les récifs de Tahaa (1998), ou le soutien à l’association Salomon pour des recherches archéologiques sous-marines sur l’ile de Vanikoro.

2017_MFDF_024_A_006_086Parti le 9 novembre 2010 de Polynésie, le BATRAL rallie une nouvelle affectation : Fort-de-France en Martinique, qu’il atteint le 14 décembre 2010 après une navigation de 40 jours à travers l’océan Pacifique. Aux Antilles, le Dumont d’Urville remplace le Francis Garnier. Agissant en interalliés ou en national, le Dumont d’Urville aura démontré durant 7 ans la pertinence de ses capacités en termes de secours aux populations (transport de troupes, de matériels et de véhicules notamment), en exercice comme en opérations réelles. Bâtiment amphibie, le BATRAL aura également réalisé de nombreuses missions de reconnaissance lui permettant d’ouvrir de nouveaux sites de plageage et d’entretenir des sites existants afin de conforter la capacité des FAA à projeter des moyens, avec ou sans infrastructures portuaires, dans la quasi-totalité des îles des petites Antilles. Etre en mesure de mener des opérations de secours d’urgence (assistance humanitaire, catastrophe naturelles) est en effet une des deux missions principales des forces armées aux Antilles. Comme tout bâtiment de la Marine nationale, le Dumont aura également été un ambassadeur de choix pour représenter la France, la Martinique, la ville du Carbet et les forces armées aux Antilles à travers la Caraïbe et ses escales à l’étranger dont Cuba, Puerto Rico, Saint Domingue, Aruba ou encore la Barbade pour n’en citer que quelques-unes. Dans les îles françaises du Nord (Saint-Martin, Saint-Barthélemy, la Guadeloupe et ses dépendances), le Dumont aura participé aux missions de souveraineté des forces armées aux Antilles, et démontrer la capacité de projection et la réactivité d’intervention des militaires basés en Martinique.

S??????????????????????????????????????ous le commandement de son dernier pacha – le capitaine de corvette Nicolas M. – le Dumont d’Urville aura eu une activité opérationnelle intense et variée permettant de mettre en œuvre toutes ses capacités opérationnelles. Résumé en quelques chiffres-clés :

- 16 324 nautiques parcourus à ce jour ;

- 211 jours d’absence du port-base à son terme à Brest ;

- 5 entraînements opérationnels interalliés et interarmées : DUNAS 2016 et 2017, TRADEWINDS 2016 et 2017, TRICOLORES 2016 ;

- 2 entraînements opérationnels interarmées centrés sur l’intervention d’urgence au profit de la population : TJEMBE 2017 et RICHTER 2017

- 1 mission spécifique de reconnaissance amphibie (RECOPHIB) ;

- 22 plageages réalisés ;

- 4 missions de transports de troupes en direction des îles du Nord pour des missions de souveraineté conduites par le 33e RIMa ;

- 2 prises d’alerte : 1 alerte cyclonique suite au passage de la tempête tropicale, transformée en ouragan classe 4 ensuite, appelée Matthew et 1 alerte NARCOPS en décembre 2016 ;

- 2 arrêts techniques intermédiaires (ATI) ;

- 1 remise à niveau opérationnelle (RANO).

Paroles d’équipage

S’il sera remplacé par un bâtiment multi missions (B2M) bien plus moderne qui assurera pleinement les missions de présence, de projection de forces, de soutien logistique, de sauvegarde, d’assistance au profit des populations, de surveillance et de protection des intérêts français dans une zone économique exclusive de 138 000 km², le bâtiment de transport léger Dumont d’Urville aura marqué les esprits aux Antilles.

2017_MFDF_035_A_001_138Capitaine de corvette Nicolas M. – commandant le BATRAL Dumont d’Urville : « une aventure humaine sur un bâtiment aux caractéristiques atypiques »

« Ce bâtiment et ses missions spécifiques sont avant tout une expérience humaine » confie le capitaine de corvette Nicolas. « Nous avons à bord un équipage soudé et motivé qui s’investit énormément pour son bateau. Pour moi, c’est essentiel, je veux conduire nos missions avec des marins épanouis et concentrés sur un objectif commun ».

2017_MFDF_009_A_001_014Maître principal Sébastien N. – commandant adjoint navire : « 20 ans de service à la mer ! »

De la Jeanne d’Arc au Tourville en passant par le Georges Leygues, le maître principal Sébastien n’en est pas à sa première affectation embarquée, ni à son premier désarmement. Mais avant le retour en métropole, Sébastien retient du Dumont d’Urville « ce moment un peu magique du premier plageage, après à peine 2 jours d’affectation !». Au-delà de cette caractéristique propre au BATRAL, naviguer sur un bâtiment d’ancienne génération est également synonyme d’exigence et de polyvalence de l’équipage. « Chacun a plusieurs casquettes. Personnellement, je suis chargé de prévention, chef de service et capitaine de compagnie, commandant adjoint navire et officier environnement ». Cette capacité d’adaptation, le maître principal Sébastien l’apprend aux plus jeunes, comme le quartier-maître de 1ère classe Christopher J.

2017_MFDF_009_A_003_029Second-maître Virgile G. – électricien : « une remise en question permanente et un apprentissage continu sur ces vieux bateaux »

Affecté depuis bientôt 3 ans à bord du Dumont d’Urville, le second-maître Virgile G. a également beaucoup à transmettre aux nouvelles recrues notamment sur son métier, vécu très différemment de ce que l’on image d’un électricien dans le civil. « Je suis électricien mais je m’occupe également des moteurs. Je suis en mesure de gérer n’importe quel problème lié au « groupement navire » qu’il soit lié à l’électricité, la sécurité ou la mécanique. S’il y a un homme à la mer, je suis à la potence, et je suis également adjoint soutien sécurité ». Autant de fonctions qui font de Virgile un marin expérimenté qui suivra le cours du brevet supérieur prochainement. « Ce bâtiment aura été très formateur pour moi, comme pour beaucoup d’entre nous. A la fois à la mer, avec environ 75 jours de mer par an, mais également en escales qui offrent une ouverture d’esprit et permet la découverte de nouvelles cultures ».

2017_MFDF_024_A_008_006Quartier-maître de 2e classe Christopher J. – mécanicien : « un premier pas dans la Marine grâce à mon contrat recrutement local, avant de poursuivre une carrière d’infirmier embarqué peut-être »

Originaire de Fort-de-France, Christopher a 24 ans et est affecté sur le Dumont d’Urville depuis bientôt deux ans en tant que volontaire recrutement local. « Pour moi le Dumont est un bâtiment-école ! On y apprend les bases de la Marine, sans pilotage automatique » confie le jeune Martiniquais. « Après mon retour de Brest où le Dumont d’Urville sera désarmé, je serai affecté sur la base navale pour une courte période avant de passer au mois de mars le concours d’entrée à l’école paramédicale des armées. Si je réussi, je retournerai en métropole, à Lyon, pour trois ans en vue d’obtenir mon diplôme d’infirmier. Ensuite, je souhaite rester dans la Marine et être affecté sur un bâtiment à nouveau pour continuer cette belle expérience de la vie embarquée». 


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